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- Rapport de campagne
- Qualité de l'air intérieur
Pourquoi cette étude ?
Les pesticides ne sont pas uniquement présents dans les champs. Ils peuvent aussi se retrouver dans nos logements, via les produits que nous utilisons pour lutter contre les insectes, traiter le bois ou protéger nos animaux, mais aussi par transfert depuis l’extérieur, notamment dans les zones agricoles. Certaines substances, interdites depuis des années, persistent dans les poussières et les matériaux.
Pour mieux comprendre cette exposition, l’Observatoire de la Qualité des Environnements Intérieurs (OQEI) a lancé la campagne PestiLoge, une étude inédite sur la présence des pesticides dans l’air et les poussières des logements français.
Une campagne nationale sans précédent
Intégrée à la deuxième campagne nationale logements (CNL2), PestiLoge a été menée entre novembre 2020 et février 2023, couvrant toutes les saisons.
571 logements ont été étudiés, répartis dans 321 communes et 84 départements.
Les équipes ont réalisé :
- Des prélèvements d’air intérieur pendant 7 jours, analysés pour 81 pesticides.
- Des collectes de poussières (via aspirateurs), tamisées et analysées pour 92 pesticides.
Ces substances incluent des insecticides, fongicides, herbicides et répulsifs, sélectionnés par l’Anses selon des critères sanitaires et la faisabilité analytique.

Les principaux enseignements
Dans l’air intérieur
- 10 pesticides jamais détectés, dont 5 herbicides (acétochlore, carbétamide, flumétraline, oryzalin, tébuthiuron), 3 insecticides (béta-cyfluthrine, diméthoate, tau-fluvalinate) et 2 fongicides (prochloraze, triticonazole).
- 37 substances très rarement détectées (moins de 5 % des logements).
- 4 pesticides omniprésents (dans plus de 80 % des logements) :
- Insecticides : lindane, transfluthrine
- Répulsifs : DEET, icaridine
- Le fongicide folpel est détecté dans plus de 60 % des logements, et l’herbicide chlorprophame dans 70 %.
- Dans certains logements, les concentrations dépassent 10 ng/m³ (DEET, icaridine, lindane).
Avec la perméthrine, ces produits sont quantifiés dans plus de la moitié des foyers.
Dans les poussières
- 5 pesticides jamais détectés : brodifacoum, dichlorvos, fénarimol, flumétraline, triallate.
- 13 substances présentes dans plus de 90 % des logements :
- Fongicides : boscalid, dicloran, difénoconazole, propiconazole, tébuconazole
- Herbicides : glyphosate, terbutryne
- Insecticides : acétamipride, cyperméthrine, imidaclopride, perméthrine
- Répulsifs : DEET, icaridine
- Concentrations très élevées pour certains :
- Perméthrine >1 000 ng/g dans plusieurs logements
- Glyphosate, cyperméthrine et PBO (pipéronyl butoxide) >100 ng/g
- 8 pesticides dépassent 1 000 ng/g dans au moins 5 % des logements (perméthrine, imidaclopride, glyphosate, cyperméthrine, PBO, fipronil, icaridine, pyriproxyfène).
Ce que cela signifie

De nombreux pesticides ont été détectés dans l’air et les poussières des logements, alors même que certains font l’objet d’une restriction, voire d’une interdiction d’usage depuis plusieurs années. Cela témoigne de leur persistance dans les milieux intérieurs.
Un nettoyage régulier des surfaces et l’aspiration des poussières restent parmi les meilleurs moyens pour limiter cette persistance. Une vigilance particulière doit être portée aux vieux meubles ou charpentes en bois qui ont pu être traités par des produits biocides aujourd’hui interdits, ainsi qu’aux stocks anciens de produits phytopharmaceutiques ou biocides.
Et demain ?
Les données issues de PestiLoge, couplées à celles de la CNL2, offrent un éclairage unique sur la contamination en pesticides dans l’air et les poussières des logements français. Elles alimentent déjà les travaux de l’Anses pour développer des valeurs sanitaires de référence et améliorer l’évaluation des risques liés aux pesticides, en considérant différentes sources et voies d’exposition. Ces données pourront également contribuer à des évolutions réglementaires.
A consulter
Pour aller plus loin, consultez les rapports complets des volets Air et Poussières, ainsi que le communiqué de presse.
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